LIAT sera liquidée et une nouvelle compagnie aérienne formée


S’exprimant à la radio, Gaston Brown, Premier ministre d’Antigue et Barbude a déclaré que la COVID aurait, en fait, causé une augmentation exponentielle des pertes, alors que, dans l'ensemble, les pertes de 2019 de la LIAT s’élevaient à environ 12 millions de dollars EC, somme que les gouvernements actionnaires auraient pu compenser. » «Vous avez pu constater que depuis la COVID, malgré ses avions cloués au sol, l’entreprise doit payer les charges de leasing en cours tout en n’ayant aucun revenu. «Une décision s’impose pour liquider cette entreprise ; ensuite, les pays de la région devront se réunir pour créer une nouvelle entité», a ajouté Browne.


Le dirigeant d'Antigue et de Barbude a martelé que la région ne pouvait aller de l’avant sans liens entre le pays et que tout mouvement d'intégration entre les peuples était impossible sans ces outils d’échanges.


Gaston Browne a déclaré que la nouvelle entité nécessitera une coopération totale qui inclura des capitaux publics et privés. « J’espère que dans le processus de création de cette nouvelle entité nous nous épargnerons les vaines querelles sur l’implantation du siège de la nouvelle compagnie.» «En fin de compte, le seul vrai avantage dont Antigue-et-Barbude a bénéficié… au sein de la CARICOM, c'est le fait que ce siège se trouve sur son territoire depuis plusieurs décennies. » «J'espère donc que nous n'allons pas voir des dirigeants de la région se jeter dans une bataille dictée par le seul opportunisme pour écarter Antigue et Barbude et pour que le siège soit dans leur pays», a ajouté Browne.

La LIAT (Leeward Island Air Transport) fut créé en 1956 sur l'île de Montserrat. En 1971, Court Line Aviation, une entreprise britannique, en prit le contrôle et la rebaptisa LIAT. Puis en 1974, la compagnie aérienne devint propriété commune de 11 gouvernements de la Caraïbe ; à cette occasion, elle fut rebaptisée LIAT 1974 Ltd.

le Premier ministre Browne a ajouté que la formation de la nouvelle entité devait se faire rapidement.


«En 1974, lorsque LIAT a été refondée, je crois comprendre qu'il a suffi d’un jour pour démarrer l'exploitation de cette nouvelle entité», a-t-il déclaré. «Il se peut qu’il soit un peu plus difficile cette fois-ci de le faire dans les 24 heures et je comprends qu'il y ait un certain nombre de parties prenantes que nous devons satisfaire, en particulier les créanciers. Cela dit, je pense que nous pourrions œuvrer avec ces différents créanciers à un accord de liquidation de LIAT 1974 Ltd qui, je le crains, risque de ne pas leur apporter pleine satisfaction. Mais, malheureusement, Les gouvernements impliqués ne peuvent pas aller plus loin.

"Et ces créanciers, y compris le personnel de LIAT, doivent comprendre qu'il devra y avoir un certain niveau de coopération qui inclura sans doute des réductions de leurs droits en tant que détenteurs d’actifs et ce, afin de faciliter la création d'une nouvelle entité viable et durable", a poursuivi Gaston Browne.


Le Premier ministre a fait valoir que la LIAT ne dispose pas d’assez d’actifs pour satisfaire les exigences ou les réclamations de la plupart de ses créanciers, y compris les employés de la compagnie aérienne.

«Les gouvernements ne se comporteront pas en voyous et n’abandonneront pas le personnel, ils leur assureront leur soutien et s’acquitteront envers eux d’une forme de dette morale. Mais ils doivent comprendre qu'ils sont en situation de vulnérabilité d’un point de vue strictement juridique et qu'ils doivent examiner la situation dans son ensemble, coopérer, et ne pas adopter une approche conflictuelle qui empêcherait la création d'une nouvelle LIAT.


Browne a annoncé clairement qu'il souhaitait que la nouvelle entité continue d s’appeler LIAT. «Nous ne devrions pas renoncer à l’appellation LIAT», a-t-il déclaré. «LIAT est une institution caribéenne construite par des peuples caribéens dont nous devrions être tous fiers. Au fil du temps, de nombreuses compagnies aériennes américaines, y compris American Airlines, ont fait faillite à plusieurs reprises. Cette dernière n'a jamais cessé de s’appeler American Airlines. Les Américains sont fiers de soutenir le nom American Airlines, mais ils bénéficient, eux, de la protection du Chapitre 11*, disposition que nous n’avons pas dans nos lois. «Et c'est pour cela qu’il nous faut un niveau de coopération élevé entre créanciers afin de nous assurer que nous pourrons former une nouvelle entité», a indiqué Browne.

Le Premier ministre a aussi précisé que la nouvelle compagnie aurait une structure beaucoup plus souple que l'actuelle LIAT, qui emploie des centaines de personnes dans la région. «Regardons les choses en face, cette nouvelle entité aura la taille adéquate. Il y aura d’importantes pertes d’emplois, cela fait peu de doute. »  


«Mais si cette nouvelle entité est réduite, viable, efficace et si elle peut répondre aux besoins de liens et d’échanges dans la Caraïbe, alors elle aura clairement notre soutien entier.»


Petite histoire de la LIAT

La LIAT fut fondé par le pionnier de l’aviation, Sir Frank Delisle en octobre 1956. Il était le seul employé de l’entreprise, qui disposait d’un avion Piper Apache à trois places opérant entre Antigue et Montserrat. En 1957, la compagnie aérienne étendit ses destinations et introduisit des escales à Saint-Eustache, Saint-Martin et Saint-Kitts. Il ajouta également un Beechcraft Twin Bonanza à six places à sa flotte. La LIAT réalisa son premier bénéfice d'exploitation de 653 000 EC $ en 1982.


*texte de loi fédérale qui permet à une entreprise de se déclarée en faillite tout en gardant, sous la supervision d’un juge, le contrôle de ses actifs

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